Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 07:33

 

Que pense l’Indienne, le Français et l’Allemand ?

Source : research*eu, magazine de l’espace européen de la recherche, numéro spécial d’avril 2008, article de Yves Sciama, avec quelques commentaires (bleu, en italique).

 

Il n’y a aujourd’hui plus grand monde pour contester que les menaces – les défis, pour les optimistes – s’accumulent sur le chemin de l’humanité. Les institutions les plus officielles rejoignent désormais les habitués de la critique sociale pour affirmer que notre développement n’est plus soutenable, et que nous risquons la catastrophe à moins de profonds changements. Mais lesquels? Faut-il plus ou moins de commerce international, de marché, de réglementations? Quelles technologies, quelles pratiques sociales méritent d’être appuyées, ou à l’inverse combattues? Faire émerger démocratiquement le projet commun qui manque cruellement à l’humanité suppose un débat courageux, éclairé et sans tabou. Pour y contribuer, fut-ce modestement, nous avons posé à trois personnalités d’envergure internationale, issues d’univers très différents, quelques-unes de ces questions cruciales pour notre avenir collectif. Chacune y a répondu indépendamment des autres. Leurs réponses, assemblées par nos soins, offrent au lecteur une réserve d’idées fécondes et très contrastées.

 

 

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Vandana Shiva, 56 ans, est docteur en physique et en philosophie des sciences. De nationalité indienne, écrivain, écologiste et féministe, c’est une chef de file du mouvement altermondialiste au plan international, dont l’engagement pour la nature et les opprimés a été récompensé par de nombreux prix. Elle dirige l’association Navdanya, qui milite pour une agriculture respectueuse de l’environnement et s’efforce de réactualiser les savoirs agronomiques traditionnels. © GNU Free Documen

 

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Claude Mandil, 66 ans, est ingénieur, issu de la prestigieuse Ecole Polytechnique française. Il a dirigé le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM), l’Institut Français du Pétrole (IFP) et a été directeur général délégué de Gaz de France. Il vient de quitter le poste de directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), qu’il avait occupé durant 4 ans. C’est en son nom personnel qu’il répond donc à nos questions. © OECD/IEA

 

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Achim Steiner, 47 ans, a étudié la philosophie, l’économie et les sciences politiques à l’Université d’Oxford, puis à la Harvard Business School. Il a été secrétairegénéral de la Commission Mondiale des Barrages, et a dirigé pendant cinq ans l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature), l’ONG qui fait référence en matière de biodiversité mondiale. Il est depuis juin 2006 directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). © UNEP

Pensez-vous que les prix très élevés du pétrole s’expliquent par des raisons circonstancielles ou qu’ils vont durer?

Vandana Shiva Ces prix sont logiques et n’ont rien de circonstanciel. Tous les experts indépendants nous disent que nous avons déjà atteint le pic pétrolier ou qu’il est imminent. La principale préoccupation des compagnies pétrolières étant de maintenir notre dépendance aux hydrocarbures le plus longtemps possible, elles sont particulièrement opaques sur l’état exact de leurs réserves, mais la vérité est maintenant connue.

Claude Mandil Il n’est pas impossible qu’à court terme, s’il y a une crise économique, le prix du pétrole subisse une très sévère correction. Mais je pense que nous sommes sur une tendance lourde au pétrole cher, moins à cause du manque de ressource physique que par manque d’investissements pour l’extraire. L’essentiel des réserves de pétrole est, en effet désormais entre les mains de compagnies nationales (du Mexique, de la Russie, du Moyen-Orient, de l’Iran…), dont la priorité n’est pas d’investir. Il y a une recrudescence du nationalisme pétrolier, dans un contexte plus général de nationalisme énergétique qui se manifeste même dans certains pays d’Europe. Soit dit en passant, l’après-pétrole n’est pas pour demain. Disons plutôt que nous entrons dans une période de pétrole plus rare, plus difficile d’accès et plus cher.

Achim Steiner Les prix élevés actuels résultent d’une conjonction de facteurs: niveau des réserves globales, croissance mondiale, politique des pays producteurs. Mais comme défenseur de l’environnement et comme économiste, je pense que le prix des combustibles fossiles devrait refléter les coûts qu’ils infligent à l’économie au sens large – et si c’était le cas les prix seraient sans doute encore plus élevés. Car ces combustibles augmentent la quantité de gaz à effet de serre de l’atmosphère, ce qui multipliera les évènements extrêmes et élèvera le niveau marin, provoquant disparition de terres agricoles et destruction d’infrastructures. Mais leur utilisation augmente également le niveau des polluants qui détériorent la santé publique dans les villes, acidifient les pluies et donc endommagent des écosystèmes productifs tels que forêts, lacs, estuaires ou littoraux. Nous savons qu’il restera des combustibles fossiles pendant longtemps encore: donnons-leur un vrai prix, qui incite à les utiliser le plus efficacement possible et à développer des énergies alternatives, allant du solaire à l’hydrogène…

 

Un Rappel : En ce qui concerne la consommation en énergie primaire, au niveau mondial, le fossile (pétrole, gaz charbon) représente 85 %, la biomasse 10 %, l’électro-nucléaire et hydraulique 2% chacun, tous le reste pour solaire (thermique, phovoltaique, éolien,…). L’efficacité des systèmes énergétiques nationaux (habitats, consommation, transports) au niveau mondial est à l’image de celle de la France et de l’Allemagne : 34 % de rendement. En terme d’image pour faire comprendre cela à vos interlocuteurs, pour comprendre l’aberration, servez-vous trois verres de bon vin au début du repas, jetez en deux et buvez en un seul ! Et ce n’est pas que de la faute de Carnot !

Mon commentaire et mon avis : oui, il y a bien un sous investissement du côté amont de la chaîne (extraction, …) et de la spéculation autour du pétrole aujourd’hui. Le prix du pétrole va baisser en valeur dans les prochains mois/années en Dollar par baril. Mais quand sera-t-il en Euro par baril ? Or nous européens, c’est cela qui nous intéresse ! Consommateurs de fossiles, en dépendance, en aucun cas nous serons les vrais faiseurs de prix, tant que nous ne pourrons pas nous extraire des fossiles pour notre bien-être et prospérité.

 

 

Pensez-vous, comme l’AIE, qu’un développement à grande échelle de l’utilisation du charbon est inévitable? Le captage et le stockage du CO2 (CSC) pourraient-ils pallier les conséquences climatiques désastreuses d’une telle évolution?

V.S. Le développement du charbon n’est inévitable que si nous nous obstinons dans la voie du gâchis énergétique, et si l’économie continue à promouvoir des solutions industrielles même lorsqu’on peut s’en passer. Dans ce cas, évidemment, tout basculera sur le charbon à mesure que le pétrole et le gaz s’épuiseront. Quant au CSC, il n’y a pas encore de preuve qu’il fonctionne. De plus, introduire à l’échelle industrielle des gaz ou des liquides (tout comme des gènes!) là où ils n’ont pas leur place n’est jamais sans conséquence sur l’environnement. Cela fera en outre perdurer l’usage des combustibles fossiles alors qu’il nous faut promouvoir les renouvelables – encore du temps perdu pour l’humanité.

C.M. L’expansion future du charbon est une évidence: les économies chinoises, indiennes ou nord-américaines reposent massivement sur le charbon, qui a toutes les qualités: bon marché, abondant, bien réparti… Son seul défaut est d’émettre beaucoup de CO2. C’est pourquoi il n’y a rien de plus important que de réussir le captage et le stockage du CO2. Certes cela pose des problèmes techniques et économiques pas encore tout à fait résolus, et sans doute des problèmes d’acceptabilité sociale dont les gouvernements devraient se préoccuper dès maintenant. Mais nous sommes condamnés à réussir, sinon la planète ira au-devant de jours difficiles. Il ne faut en outre pas dramatiser les risques: le CO2 n’est pas un produit toxique, il est naturellement abondant dans l’atmosphère et le sous-sol.

A.S. Le GIEC a consacré un rapport spécial au CSC, et estime qu’entre 15% et 55% de l’effort nécessaire à la stabilisation de nos émissions pourrait provenir de cette stratégie. Il y a une très grande capacité de stockage géologique sur la planète: de l’ordre de 2000 Gt (milliards de tonnes) de dioxyde de carbone! Le consensus scientifique laisse à penser que ce gaz pourrait être stocké sous forme liquide pendant des millénaires sans revenir vers l’atmosphère. Mais il est important d’établir des normes de base et des procédures sécurisées: les producteurs d’énergie risquent de ne pas investir dans cette technique si un risque de fuite les menace juridiquement. L’option la moins chère serait de fournir cette technologie à des pays comme la Chine afin de l’intégrer aux centrales nouvellement construites, plutôt que de devoir les équiper a posteriori.

 

Un Rappel : Les stocks de charbon sont disponibles géographiquement proches des zones de consommation énergétique.

Mon commentaire et mon avis : oui, les forces du marché (la main invisible d’Adam Smith) nous entraînent dans cette direction, c’est inévitable tant que le politique ne prend pas le sujet en main. Et comme le CSC est une utopie technologique encore et à l’horizon de 2040-2050 (EU dit 2020 pour des tête de série (à creuser,…) pour son industrialisation mondiale, nous allons encore et encore déstocker du carbone. La solution existe en donnant une valeur économique (politique) au CO2 émis que nous allons années par années faire augmenter au borne du territoire pertinent (Europe par Exemple). Ainsi le signal-prix pour la prospection/production est découplé de celui pour la consommation/conservation et rendre robuste et résilient notre système socio-économique.

 

                                                                                                                                             

 

Le système des permis d’émission pourrait-il financer le CSC? Plus généralement, êtes-vous favorable à ce système?

V.S. Le système des permis d’émission est à la fois éthiquement inacceptable et économiquement inadapté. Il est inacceptable parce qu’au bout du compte c’est un système qui récompense le pollueur – alors que depuis le sommet de Rio, la communauté internationale a adopté le principe du pollueur-payeur. En outre, toutes sortes d’aménagements pervers sont en train d’être mis sur pied dans le cadre de ces permis d’émission, notamment le mécanisme dit de développement propre (CDM). Sous couvert de ce système, on génère énormément d’activités polluantes en Chine et en Inde, en se félicitant d’avoir abaissé leur pollution de 10%, alors que l’on ignore des options 100% propres! En Inde, les aciéries dites à fer spongieux peuvent être financées avec des CDM alors qu’elles sont écologique- ment et socialement désastreuses. Par ailleurs, les permis d’émission constituent un système inadapté car il repose sur le paradigme industriel, ce qui le rend incapable de prendre en compte les besoins de systèmes traditionnels basés sur les renouvelables – il ignore ainsi totalement les besoins des pauvres de la planète.

C.M. Ce qu’il faut pour développer le CSC, c’est assigner un coût au carbone émis dans l’atmosphère, afin qu’il soit plus économique de l’enfouir. Ce coût peut être engendré par une taxe, ou une obligation réglementaire, ou encore un permis d’émission payant. Ce dernier me semble de loin la meilleure formule, car il permet de mettre en oeuvre les solutions à moindre coût. Je suis plutôt optimiste sur son avenir: l’expérience européenne a été très intéressante. Elle a été critiquée, mais l’Europe essuyait les plâtres, il y aura des améliorations, et je note qu’un nombre croissant de pays se déclare intéressé. On peut espérer une forte expansion de ce système dans les prochaines années, même s’il ne sera jamais universel et parfait, et qu’il devra prendre en compte les cas particuliers de certains pays ou secteurs industriels.

A.S. C’est certain, un marché de permis d’émission conçu intelligemment pourrait stimuler le stockage du carbone, et améliorer plus généralement l’efficacité de l’utilisation du charbon. Il appartiendra aux politiques de dire s’il faut mettre en place un tel système et d’éventuels aménagements particuliers pour les pays pauvres. Mais il ne faut pas oublier que, dans bien des pays, le défi est d’apporter l’électricité aux populations rurales malgré l’absence de réseau – et ici des solutions comme le solaire ou l’éolien peuvent s’avérer efficaces et bon marché.

 

Un Rappel : Les stocks de charbon sont disponibles géographiquement proches des fortes zones de consommation énergétique.

Mon commentaire et mon avis : Un système de permis d’émissions est un des outils qui peut être utilisé pour aller chercher les solutions de production et de conservation d’énergie les plus économiquement efficace. Cet outil reste un outil d’optimisation lorsque nous sommes sur un scénario qui semble acceptable. Or, peu à peu, de lecture en échange avec des scientifiques de tous secteurs, je commence à avoir clairement la conviction que nous sommes là avec des mesures du second ordre. Pour commencer la transition vers une société post-(carbone dominant) et sobre en énergie, il faut travailler à la résilience de notre système socio-économique. Cela veut clairement dire, qu’il soit diversifié, modulaire et les boucles de rétroaction courtes et puissantes. Aujourd’hui, l’acteur économique n’est pas incité à des comportements vertueux d’un point de vue énergétique (favoriser la conservation par rapport à la consommation) car il ne porte pas l’ensemble des conséquences de ces actes. Il redeviendra citoyen lorsque de consommateur, il deviendra producteur, si ce n’est pas à l’échelle individuelle, du moins à l’échelle de la communauté locale, qui a pour lui un sens sociologique (village, quartier, ville,…). C’est par là un changement de paradigme.

 

 

 

Que faut-il penser des biocarburants, qui font couler beaucoup d’encre?

V.S. La majorité des pauvres du monde utilise la biomasse comme source d’énergie – prise dans cette acception la notion de biocarburant n’est pas un problème. Le problème, c’est la transformation par des procédés industriels de végétaux en éthanol et en biodiesel. D’abord parce que de plus en plus d’études montrent que la production de ces agrocarburants consomme plus d’énergie qu’elle n’en économise. Ensuite et surtout parce qu’en essayant de répondre aux besoins d’une économie «tout fossile» par le détournement de nourriture et de terres agricoles, nous générons une crise énorme pour les plus pauvres. En Inde, un plan gouvernemental récent prévoit de planter à terme 11 millions d’hectares de jatrophapour produire des agrocarburants. Les plantations se font souvent sur des terres communautaires dont les paysans sont chassés, parfois de manière violente. En pratique, les besoins des pauvres sont bafoués pour que les riches puissent continuer à conduire leurs voitures.

C.M. L’AIE dit, depuis longtemps déjà, que beaucoup de carburants mis sur le marché sont en réalité plus nuisibles qu’utiles. L’idée que, si l’on veut utiliser des biocarburants, il faut les produire sur son propre territoire est absurde: les conditions de coût et de climat en Europe rendent ces carburants trop chers et trop émetteurs de CO2. Je crains que les objectifs de l’Union ne soient difficiles à atteindre de façon durable… Au fond, le mieux est sans doute tout simplement d’importer de l’éthanol du Brésil où on le produit mieux et moins cher, en attendant la seconde génération de carburants à base de bois ou de plantes entières.

A.S. Il est indispensable que des critères de durabilité soient mis au point et appliqués à la production de biocarburants. Il ne serait pas juste que, pour se conformer à de nouvelles normes européennes ou nord-américaines, des forêts tropicales soient défrichées afin de produire de l’éthanol ou du biodiesel. Ou que des terres agricoles soient reconverties. D’ailleurs, s’il s’avère impossible de rassurer les consommateurs sur le caractère éco-compatible de cette production, un retour de bâton est inévitable. Cela dit, les biocarburants pourraient permettre de relever une partie du défi climatique tout en fournissant aux agriculteurs des pays développés et en développement de nouvelles sources de revenus. Le Brésil affirme qu’il peut accroître sa production d’éthanol sans déforestation supplémentaire et, de fait, malgré la croissance des biocarburants, ce pays a réduit de 50% en trois ou quatre ans la déforestation. Donc c’est possible.

 

Un Rappel : Rien à dire de particulier

Mon commentaire et mon avis : Rien à dire de plus

 

 

Le système énergétique des pays émergents connaît actuellement un développement rapide. A-t-il une chance d’emprunter une trajectoire durable?

V.S. Les forces qui tirent le développement énergétique de nos pays (Inde, etc. – NDLR) dans des directions non durables sont les mêmes que celles qui ont poussé au «tout hydrocarbure» dans les pays industrialisés. Ces forces, notamment l’agribusinessou l’industrie automobile entrevoient maintenant le développement de leurs marchés dans des pays comme l’Inde. On annonce par exemple le lancement chez nous d’une «voiture populaire» à 2500 dollars. Or à ce prix-là, elle n’aura rien de populaire: à peine 5% d’Indiens pourront se l’offrir! Et l’usine où elle sera fabriquée, comme l’aciérie qui l’alimentera, sont installées sur des terres d’où l’on a exproprié les paysans, parfois en leur tirant dessus. Le port d’où viendront les pièces détachées empiète, lui, sur une mangrove qui protège naturellement les populations des cyclones. Un autre exemple: en Inde comme en Europe et aux États-Unis, toutes les subventions vont à l’agriculture industrielle, dix fois plus énergivore que l’agriculture biologique. En fait 95% des Indiens ne veulent pas de ce système énergétique, ils veulent simplement vivre – ce que seuls des systèmes durables peuvent leur permettre.

C.M. Du côté de la Chine, il y a une très forte volonté de prendre en compte ce problème, et je sens ce pays prêt à faire de gros efforts pour développer les renouvelables, le CSC et le nucléaire – même si tout dépendra en partie des négociations des deux prochaines années. La Chine prend d’ores et déjà des mesures d’efficacité énergétique: c’est par exemple le pays du monde où le taux de pénétration des ampoules basse consommation est le plus élevé. Et en matière automobile, les normes y sont calquées, avec deux ans de retard, sur les normes européennes. Sur ce terrain, les Chinois sont très en avance sur les Américains! Pour les autres pays émergents, ce sera sans doute plus difficile; leur politique est plus chaotique que celle de la Chine. Mais il nous faut espérer quand même car, si nous échouons, le réchauffement climatique risque d’être au dessus des prévisions du GIEC et de générer des coûts d’adaptation exorbitants.

A.S. Il y a des signes positifs. On critique souvent la Chine parce qu’elle construit une centrale au charbon par semaine, mais en fait il s’agit souvent du remplacement d’installations anciennes par d’autres plus efficaces. L’Afrique du Sud et le Brésil utilisent maintenant des indicateurs de durabilité et, en ce qui concerne les énergies renouvelables, deux des plus grosses compagnies mondiales sont en Chine et en Inde. Mais il est évidemment urgent d’accélérer les transferts de technologie vers les pays en développement. Signalons en passant que la feuille de route de Bali, qui servira de base aux futures négociations climatiques, s’y réfère explicitement. Et puis il faut accélérer la recherche: durant la dernière crise pétrolière, à la fin des années ‘70, un milliard de dollars avait été investi dans la recherche sur le solaire – ce qui a augmenté l’efficacité du photovoltaïque de 50%!

 

Un Rappel : Rien à dire de particulier

Mon commentaire et mon avis : Avec une forte industrialisation, extrêmement rapide, les acteurs économiques privilégient les solutions vite mises en place (basée sur des énergies stockages et denses, et avec le pétrole on a rien de mieux) et l’optimisation énergétique n’est pas la priorité. Il est clair que les dirigeants chinois  vont le même constat que les européens sur leur dépendance énergétique et donc fragilité stratégique…  

 

 

Le nucléaire peut-il, selon vous, nous aider à réussir notre transition énergétique?

V.S. On a parfois l’impression que depuis la découverte du réchauffement climatique, toutes les formes d’énergie qui n’émettent pa  de CO2 sont devenues «durables». Or ce n’est certainement pas le cas du nucléaire, qui est dangereux et génère d’énormes volumes de déchets toxiques. Même l’hydroélectricité n’est pas toujours durable: il y a en Inde un puissant mouvement populaire d’opposition aux grands barrages qui – comme celui des Trois-Gorges en Chine – détruisent les rivières, génèrent des glissements de terrain et un risque industriel. 50 millions d’Indiens ont déjà été déplacés par les barrages! Dans les pays comme l’Inde, les énergies consommatrices de capital ne sont pas très adaptées: il nous faut régénérer les systèmes énergétiques renouvelables locaux, l’énergie animale, la biomasse, le biogaz que Ghandi avait déjà, en son temps, promu à grande échelle.

C.M. L’énergie nucléaire est absolument indispensable. Je ne vois pas comment on peut sérieusement envisager le développement durable sans une part de nucléaire dans le bouquet énergétique mondial. Hélas, cette part risque de baisser dans les 20 prochaines années, car beaucoup de centrales vont arriver en fin de vie et ne seront pas toutes remplacées. Il me semble pourtant qu’il y a une certaine contradiction à vouloir, comme l’Allemagne, à la fois baisser ses émissions de CO2, ne pas trop dépendre du gaz russe, et sortir du nucléaire! Par contre, je crois que l’on ne devrait pas favoriser le développement du nucléaire dans des pays qui n’ont pas une autorité de sûreté à la fois compétente et complètement indépendante. J’entends par là capable de fermer une centrale dangereuse malgré un coup de fil du chef de l’État!

A.S. Cela reste à voir. Le nucléaire induit un risque de prolifération, un risque terroriste, et des tensions géopolitiques d’ores et déjà visibles. Sur le plan économique, si l’on compte  les coûts de la construction des centrales, de leur démantèlement, et du stockage des déchets, il n’est pas certain que le nucléaire ne nous coûte pas plus cher à long terme qu’un investissement massif dans les renouvelables.

Un Rappel : Rien à dire de particulier seulement que l’on parle ici de 2 % de la solution dans le monde (avec  un « quintouplement », si les resources le permette, nous ne parlerons pas plus de 10 % !) Je vous laisse à votre conviction sur les bienfait ou non du nucléaire, en tout cas, nous ne parlons que d’une solution de deuxième ordre.

Mon commentaire et mon avis : Il est intéressant de voir combien l’avis est là aussi contrasté entre le français « centralisateur et jacobin » Mandil et l’allemand « libéral » Steiner, presque caricatural. Le nucléaire et le charbon, solutions historiques des deux pays. On oublie avec l’une ou l’autre des solutions cette nécessité de résilience et ce changement de paradigme, avec le retour au local. Nucléaire et charbon sont cependant nécessaire pour cette phase de transition vers la société post-carbone et sobre en énergie. Un vrai projet de civilisation qui passe par la dématérialisation de l’économie et la résilience de nos communautés, de la cellule familiale à l’agglomération, en passant par le village et le quartier. Combien de charbon encore et combien du nucléaire, je ne me suis pas encore fait d’idée arrêter car cela dépend que de la rapidité de la phase de transition. Et cela dépend de courage de nos politiques et de notre maturité face à ce challenge

 

 

Est-il possible d’aller vers un développement durable sans réduire notre niveau de consommation, voire sans interroger la notion de croissance, au moins dans les pays riches? Notre système économique est-il capable d’une telle évolution?

V.S. Je ne pense pas que l’économie de marché parviendra à nous assurer un avenir sans un ensemble de régulations politiques et sans soutien aux systèmes de production énergétiquement non intensifs. Si la transition vers le monde de demain se fait démocratiquement, par la discussion, l’anticipation, dans un contexte éclairé, elle peut déboucher sur une société plus équitable, avec un plus haut niveau de bien-être. À l’inverse, si une élite puissante continue à imposer des voies non durables pour faire perdurer un système sans avenir, en déniant aux pauvres leur part des ressources, alors nous verrons une érosion puis une destruction de la démocratie, un accroissement de la violence, et une véritable désintégration sociale. Au modèle dominant, centralisé, dirigé par une poignée de grandes entreprises, symbolisé par la monoculture et l’uniformité, il nous faut substituer un modèle basé sur la décentralisation et la diversité. Mais pour cela il nous faut aussi une transition éthique. Que signifie vivre pleinement une vie humaine? Le marché n’a pas de réponse à cette question, c’est à la société d’y répondre.

C.M. Il est certain qu’il va falloir mettre en place des changements profonds. Entre autres  choses dans notre utilisation de l’énergie, où heureusement nous sommes très loin d’avoir épuisé toutes les possibilités de gains en efficacité. Il y a aussi quelques révolutions à faire dans les transports: peut-être le véhicule électrique, peut-être d’autres façons de concevoir la combinaison transports individuels/collectifs… En particulier, il va falloir repenser le lien entre les problèmes d’urbanisme et d’efficacité énergétique. Quant à la croissance, je dirais que désormais on se satisfait dans nos pays de taux très faibles, entre 1% et 3%: il est évident que nous n’aurons plus des croissances comme celles de l’après-guerre. Mais je ne vois pas comment on peut expliquer aux pays émergents qu’il faut limiter leur croissance alors que la richesse par habitant y est le cinquième ou le dixième de celle des occidentaux. Sans doute faut-il modifier la façon dont on calcule la croissance pour mieux prendre en compte ses aspects négatifs, mais je pense que l’aspiration à avoir plus de biens, plus de richesses, mieux se soigner et s’éduquer va durer longtemps. Et il est possible d’y répondre en consommant beaucoup moins d’énergie.

A.S. Le problème n’est pas de réduire notre activité économique mais de faire une utilisation plus intelligente de nos ressources. De la pêche à la production d’énergie, notre développement a, jusqu’à présent, gaspillé nos ressources de façon manifestement non durable. Mais il y a des évolutions positives. Un rapport récent du PNUE estime que l’investissement dans les renouvelables comme l’éolien et le solaire atteint désormais 100 milliards de dollars par an, soit 18% de l’investissement énergétique total. Le secteur des services financiers montre lui aussi un intérêt croissant pour les compagnies qui s’engagent dans le développement durable. Plus de 230 investisseurs institutionnels, pesant quelque 10 000 milliards de dollars appuient désormais les «Principes pour un Investissement Responsable» mis en place en 2006 par Kofi Annan. Ceci envoie un signal clair aux marchés, un signal que les considérations sociales, d’environnement et de gouvernance doivent devenir des préoccupations majeures pour l’économie et l’investissement. Autrement dit, la façon dont nous faisons des affaires est en train de changer – en partie parce que marchés et consommateurs réclament cette transition.

 

Une Conclusion rapide : A vous de savoir quel monde vous voulez ! Vous avez les clés dans vos mains, à vous de challenger vos leaders !

 

 

 

Par Giacomo - Publié dans : Français
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 07:01
En avril 2008, une édition spécial de la revue Reseach*eu est sorti : "s'extraire du pétrole" En français, mais il n'a pas encore été traduit en anglais, ni en allemand, ni en castillan !

Le grand intérêt de cette édition est de passer en revue, l'état des connaissances dans le domaine de l'énergie et de proposer en introduction des visions assez contrastés de différentes personnalités.

Les prochaines semaines, nous allons vous introduire un article après l'autre. Nous vous proposerons quelques commentaires et nous vous invitons à réagir.


Après une relecture du triple entretien contrasté et fécond Quo Vadis ? de l'indienne Vandana Shiva, du français Claude Mandil et de l'allemand Achim Steiner, nous vous proposerons de suivre le plan proposé par la revue. D' abord les énergies fossiles, qui assurent 85 % de l'apport mondial, ensuite les énergies sauvages -comme on les appelé il y a cinquante ans-  (pour mémoire 10 % pour le bois, 2 % pour l'hydraulique et moins de 1 % pour toutes les autres). Puis nous présenterons les défis technologiques, nucléaire et hydrogène, pour finir sur une réflexion sur la place des énergies dans notre société et sur ce que peut vouloir dire une transition pacifique et équitable vers une europe peu carbonée et sobre en énergie.

Ce tour d'horizon des connaissances actuelles, nous permettra à nous tous, citoyens d'Europe, de débattre sur la route que nous voulons prendre ensemble pour notre futur énergétique.  Nous pourrons alors savoir où nous voulons aller et définir ainsi le mieux possible les premiers pas que nous devons donc faire.
C'est cela, choisir "en conscience et en responsabilité" !

Bonne lecture et bon débat à tous.



Par Giacomo - Publié dans : Français
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 23:19

Démocratie en Europe

Dans moins d'un an, les Européens seront appelés à désigner leurs parlementaires pour la période 2009-2014.  Malgré les difficultés actuelles au sein des institutions européennes,  nous croyons en la démocratie, en sa force, en son efficacité. Nous reprenons pour nous la définition de Marc SANGNIER, président d'honneur du parti fondé en France, en 1945, par Robert SCHUMAN, l’un des pères fondateurs de l'Europe. Voici sa définition :

"La Démocratie est l'organisation politique et sociale qui
tend à développer au maximum la conscience et la responsabilité de chacun en lui permettant, dans la mesure de ses capacités et de ses forces, de prendre une part effective à la direction des affaires communes. "

Nous parions sur la conscience et la responsabilité des citoyens européens.  Lors de la campagne électorale européenne au printemps prochain, l’ensemble des partis politiques européens vont proposer leur propre vision dans leur programme et ce sera à nous, citoyens, de juger.


Energie en Europe

Depuis quelques mois, la montée du prix du baril de pétrole en dollars a remis l'énergie au devant de la scène.  Il est cependant encore stupéfiant de voir que le sujet énergie n'est maîtrisé ni par de très nombreux médias ni même par la plupart des politiques. Il est très fréquent d'entendre ou de lire, -sans aucune source et donc sans possibilité de validation-, des raccourcis, voire des contrevérités. Il est vrai que la notion d’énergie est à la fois si présente et si insaisissable dans notre société que nous avons appris à ne plus y faire attention.  

Le sujet Energie est au coeur de la société européenne.  Qu’en pensent les partis européens ? Que proposent-t-ils ?

C’est en interpellant les candidats que les citoyens seront en mesure de peser réellement sur leur futur.

C’est parce que ce sujet « Energie » ne sera pas confisqué du débat public et bien au centre des discussions durant la campagne, que les Européens, ensembles, seront en mesure de prendre des décisions essentielles pour leur indépendance, leur prospérité, bref,pour leur liberté.


Connaissance en Europe

L'objectif de ce blog est de mettre à disposition du plus d'Européens possible (*) une information référencée afin de cadrer le débat et d’exposer les solutions techniques, sociétales, réglementaires et fiscales connues. Cette information se veut variée, contrastée, mais aussi synthétique sur le sujet de l'énergie, afin que chaque citoyen européen puisse, en connaissance de cause, prendre position.

Nous fêterons ensemble, en 2009, le 150ème anniversaire de l'extraction du pétrole par l'américain Drake en Pennsylvanie, le début de l’ère du pétrole - et par extension le recours intensif aux combustibles fossiles. L'énergie fossile représente désormais les trois-quarts de l’énergie des Européens, le quart restant étant couvert par le nucléaire, le bois, l’hydraulique et, en proportion encore marginale, le solaire et l’éolien. L’incroyable densité énergétique des fossiles a complètement modelé notre espace européen et transformé en profondeur notre mode de vie.

Au cours des prochains mois, un collectif de citoyens européens - français, allemands, italiens, anglais, espagnols, polonais,… ou autres encore...- vont mettre à votre disposition des informations publiques choisies, vous proposer des analyses critiques et des commentaires et vous inviter à débattre sur ce sujet.

 

Débattre et Choisir en Europe

Fort de nos diverses expériences, nous avons l’intime conviction que les Européens doivent, dès à présent, aborder la transition vers une Europe post-fossile et sobre en énergie. L’entrée dans cette nouvelle ère ne peut se passer des leviers politiques, à nous d’exiger de nos représentants de les saisir !

Abordons le sujet avec un esprit positif : depuis le néolithique, il y a plus de 10 000 ans, les humains ont démontré une très grande créativité.  Aujourd’hui, c’est votre tour : venez rejoindre le débat !


(*) Dans la mesure du possible, un grand nombre des articles de ce blog seront très prochainement trilingues voire quadrilingues

Par Giacomo - Publié dans : Français
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 23:04

Democracia en Europa

Dentro de menos de un año, los ciudadanos europeos tendrán que elegir a sus diputados para el período 2009-2014.
A pesar de las dificultades actuales de las instituciones europeas, creemos en la democracia, en su fuerza y en su eficacia. Seguimos la definición de Marc SANGNIER, presidente honorario del partido fundado en Francia en 1945 por Robert SCHUMAN, uno de los padres fundadores de Europa:

"La democracia es la organización política y social que busca maximizar la conciencia y la responsabilidad de cada uno, permitiéndole, en la medida de sus capacidades y fuerzas, participar con eficacia en la gestión de los asuntos comunes. "

Apostamos en la conciencia y la responsabilidad de los ciudadanos europeos. En la próxima campaña electoral europea, todos los partidos políticos europeos van a proponer su visión en un programa político. Seremos nosotros, ciudadanos europeos, quienes tendrán que elegir y juzgar.

Energía en Europa

En los últimos meses, el aumento del precio en dólares del petróleo  volvió a poner la energía al primer plano.
Pero, sin embargo, sigue sorprendente ver que este tema todavía no está bien entendido por muchos medios de comunicación y muchos políticos. Se suele escuchar o leer sobre este tema juicios precipitados, incluso falsedades -sin ningún tipo de información sobre la fuente y, por lo tanto, sin poder averiguar o validar nada. Es cierto que el concepto de energía es a la vez tan presente y tan difícil de alcanzar en nuestra sociedad que aprendimos a no prestarle tanta atención.

El tema de la energía está al centro de la sociedad europea.
¿Cuál es la posición de los partidos europeos sobre este tema? ¿Qué proponen?

Es así, cuestionando sus candidatos, que los ciudadanos podrán realmente influir en su futuro.

Y es porque este tema, el futuro energético de Europa, no será confiscado durante la próxima campaña electoral, sino al centro de los debates, que los europeos juntos serán capaz de tomar decisiones cruciales para su independencia, su prosperidad y su libertad.

El conocimiento en Europa

El objetivo de este blog es poner a disposición del máximo de ciudadanos europeos posible una información (con fuentes) que sea variada, diversa, pero también sintética sobre el tema de la energía, para que todos los ciudadanos europeos puedan posicionarse a sabiendas.

Celebráremos, juntos, en 2009, el 150 º aniversario de la extracción de petróleo por el norte-americano Drake en Pensilvania, fecha que marca el principio de la era del petróleo y de los combustibles fósiles, por extensión. La energía de los combustibles fósiles representa ahora los tres cuartos de la energía de los europeos, el cuarto que queda siendo cubierto por la energía nuclear, la madera, el agua y, por fin, por la energía solar y eólica.
La increíble densidad energética de los combustibles fósiles modeló completamente nuestra sociedad europea y transformó en profundidad nuestro modo de vida.

En los próximos meses, un grupo de europeos - franceses, alemanes, italianos, ingleses, españoles, polacos, u otros… - pondrá a disposición del público informaciones seleccionadas, análisis críticos y comentarios sobre este tema y también les invitará a debatir.

 
Debatir y Elegir en Europa

Por nuestras experiencias diversas, creemos firmemente que los europeos deben ahora comenzar la transición hacia una Europa posterior a la energía fósil y sobria. No estamos abordando la cuestión en términos optimistas o pesimistas, sino con un espíritu positivo porque desde el Neolítico, hay más de 10 000 años, los seres humanos demostraron una gran creatividad.
Las soluciones técnicas, sociales, reglamentarias y fiscales existen, tenemos que exigir de nuestros políticos que los aprovechen.
¡Únete al debate!

(*) En la medida de lo posible, un gran número de artículos en este blog serán muy pronto en español.

Par Giacomo - Publié dans : Castellano
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 22:57

Demokracja w Europie

Za nieca
ły rok mieszkańcy Europy dokonają wyboru swoich przedstawicieli do parlamentu europejskiego na lata 2009-2014. Pomimo istniejących obecnie trudności z którymi borykają się instytucje europejskie, wierzymy w Demokrację, jej siłę i jej skuteczność. Chcielibyśmy przytoczyć w tym miejscu definicję Marca SANGNIERA, jednego z inicjatorów Wspólnoty Europejskiej i honorowego prezesa założonej w 1945 przez Roberta SCHUMANA francuskiej partii MRP:

"Demokracja jest to polityczna i społeczna organizacja, która usiłuje w sposób maksymalny poruszyć sumienie i zwiększyć poczucie odpowiedzialności każdego (obywatela) pozwalając mu, w ramach jego sił  i możliwości, efektywnie uczestniczyć w zarządzaniu sprawami publicznymi. "

Ufamy sumieniu i poczuciu odpowiedzialno
ści obywateli Europy. Przyszłej wiosny, w trakcie europejskiej kampanii wyborczej, wszystkie europejskie partie polityczne przedstawią swoje programy, a my, obywatele Europy, będziemy musieli dokonać wyboru pomiędzy nimi.

 
Energia w Europie

W ostatnich miesiącach temat wzrostu cen ropy naftowej by
ł stale obecny w czołówkach wiadomości. Dlatego też zaskakujacym jest fakt, że energia jest tym tematem, który ciągle jest słabo rozumiany przez wielu komentatorów i polityków. Jest normą, że słyszymy lub czytamy – bez powołania sie na źródła i w związku z tym bez możliwości weryfikacji – uproszczone informacje lub nawet nieprawdę na ten temat. Z jednej strony, energia jest wszechobecna w codziennym życiu naszego społeczeństwa. Z drugiej strony jej obecność jest traktowana jako rzecz tak oczywista, że aż niezauważalna.

Energia to oś wokół ktorej kręci się życie naszego europejskiego społeczeństwa. Cóż więc europejskie partie polityczne mają do powiedzenia w tej sprawie? W jaki sposób zamierzają zajmować się sprawami dotyczącymi energii?

Jeżeli obywatele EU chcą mieć wpływ na swoje przyszłe bezpieczeństwo energetyczne, już dziś powinni zacząć zadawać pytania w tej sprawie potencjalnym kandydatom na eurodeputowanych.

Poruszając kwestie energii w publicznej debacie i w dyskusji podczas kampanii wyborczej, obywatele Europy będą mieli wyjątkową możliwość podjąć decyzje wpływającą na niezależność i pomyślny rozwoj Europy, a  w konsekwencji, na swoją wolność.
 
Wiedza w Europie

Celem niniejszego bloga jest udostępnienie jak największej liczbie Europejczyk
ów w pełni udokumentowanych informacji dotyczących energii, które byłyby użyteczne, wielostronne i zróżnicowane a jednocześnie na tyle przystępne, że każdy obywatel Unii będzie mógł świadomie podjąć decyzję.

W 2009 roku będziemy obchodzić 150 rocznicę pierwszego wydobycia ropy naftowej przez Edwina Draka z Pensylwanii (USA), które to zdarzenie zapoczątkowało erę wykorzystywania ropy naftowej i paliw kopalnianych. Obecnie w Europie paliwa kopalniane stanowią ¾ źródeł energii, pozostala ¼ to energia nuklearna, energia uzyskiwana z biomasy oraz energia wodna, energia słoneczna i energia wiatrowa. Tak znaczący udział paliw kopalnianych w energii jak wiemy całkowicie ukształtował Europe i głęboko przekształcił nasz sposób życia.

W najbliższych miesiącach grupa Europejczyków - Francuzi, Niemcy, Włosi, Anglicy, Hiszpanie, Polacy, jak również inni – przedstawi wam pochodzące ze środków masowego przekazu wybrane informacje, oferując krytyczną analizę i komentarze dotyczące Energii i zapraszając Was do dyskusji na ten temat.

Debata i wybory w Europie

Jesteśmy g
łęboko przekonani, że Europejczycy muszą już teraz zapoczątkować przejście w kierunku ku Europie alternatywnych źródeł energii i Europie energooszczednej. Nie reprezentujemy ani pozytywnego ani negatywnego sposobu myślenia, ale staramy sie przedstawić problem w duchu pozytywnym, ponieważ od czasu Neolitu, więcej niz od 10 000 lat, ludzie wykazywali sie wielką pomysłowością. Regulacje techniczne, społeczne, prawne i podatkowe są dostępne, a my potrzebujemy naszych eurodeputowanych żeby zrobili z nich użytek.

Weź udział w dyskusji!



Par Giacomo - Publié dans : Polski
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 22:52

Democrazia in Europa

In meno di un anno, gli europei saranno invitati ad eleggere i loro parlamentari per il periodo 2009-2014. Nonostante le attuali difficoltà delle istituzioni europee, noi crediamo nella democrazia, nella sua forza, e nella sua efficacia. Possiamo citare la definizione di Marc SANGNIER, presidente onorario del partito fondato in Francia nel 1945 da Robert SCHUMAN, uno dei padri fondatori dell'Europa. Questa è la sua definizione:

"La democrazia è l'
organizzazione politica e sociale  che cerca di massimizzare la consapevolezza e la responsabilità di ciascuno per permettergli, nella misura delle sue capacità e forze, di partecipare effettivamente alla gestione degli affari comuni. "

Scommettiamo sulla coscienza e la responsabilità dei cittadini europei. Nel corso della campagna elettorale europea per la prossima primavera, tutti i partiti politici europei proporranno il loro programma e sarà nostro compito giudicarlo.

Energia in Europa

Negli ultimi mesi, l'aumento del prezzo del petrolio in dollari ha posto l'energia in primo piano. 
E ' tuttavia sorprendente vedere come il tema energia non sia stato ancora abbastanza recipito da molti media e politici. E ' molto comune sentire o leggere i collegamenti, falsità e anche semplificazioni, non convalidati da alcuna fonte verificabile. E 'vero che il concetto di energia nella nostra realtà, pur  essendo presenti è comunque sfunggente. Per questo abbiamo nostro malgrado appreso a non prestarvi la dovuta attenzione.

Il tema energia è il cuore della società europea. Che cosa ne pensono i partiti europei? Cosa propongono ? I cittadini potranno davvero influenzare il loro futuro mettendo alle prove i candidati su questi temi. Se l'argomento "Energia"  sarà al centro delle discussioni durante la campagna elettorale, gli europei insieme saranno in grado di prendere decisioni cruciali per la loro indipendenza, la prosperità, in breve per la loro libertà.

Conoscenza in Europa

L'obiettivo di questo blog è quello di fornire al maggior numero di europei possibile (*) informazioni referenziate per inquadrare meglio il dibattito ed esporre soluzioni tecniche, sociali, normative e fiscali conosciute.
Tale informazione sul tema dell' energia sarà variata, messa a confronto e per quanto possibile sintetica. Solo in questo modo il cittadino europeo potrà scientemente prendere posizione.

Celebriamo insieme, nel 2009, il 150 ° anniversario della prima estrazione di petrolio americano di Drake in Pennsylvania, inizio dell'era del petrolio e del fossile per estensione. L'energia fossile rappresenta ormai i tre quarti dell'energia in Europa, il quarto rimanente è coperto dell' energia nucleare, legno, acqua e in ultimo dal solare e dall' eolico. L'incredibile densità di energia fossile ha completamente modellato il nostro spazio europeo e trasformato in profondità il nostro modo di vivere.
Nei prossimi mesi, un gruppo di europei - francese, tedesco, italiano, inglese, spagnolo, polacco, e altri ancora… ,...- metterà a disposizione del pubblico informazioni selezionate per offrire analisi critica e commenti e per invitare al dibattito.
 

Dibattito in corso e scelte in Europa

Con la nostra esperienza, siamo profondamente convinti che gli europei devono ora cominciare la transizione verso un 'Europa post-energia fossile.
L'ingresso in questa nuova era non puo' che passare attraverso le scelte politiche.  Resta a noi il dovere di esigere dai nostri futuri rappresentanti di agire.

Affrontiamo il problema con spirito positivo : dal Neolitico gli umani sono stati in grado di mostrare grande creatività. Oggi è il nostro turno : Partecipate alla discussione!

(*) Per quanto possibile, un certo numero di articoli in questo blog sarà presto anche in italiano
.

Par Giacomo - Publié dans : Italiano
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 22:50

Demokratie in Europa
In weniger als einem Jahr werden die Europäer dazu aufgerufen, ihre Abgeordneten für den Zeitraum 2009-2014 zu wählen. Trotz der derzeitigen Schwierigkeiten der europäischen Institutionen glauben wir an die Demokratie, ihre Kraft und ihre Effizienz. Wir halten es mit einem Zitat von Marc SANGNIER, Ehrenvorsitzender der im Jahr 1945 von Robert SCHUMAN, einer der Gründerväter Europas, in Frankreich gegründeten Partei:

« C'est l'organisation politique et sociale qui tend à développer au maximum la conscience et la responsabilité de chacun en lui permettant, dans la mesure de ses capacités et de ses forces, de prendre une part effective à la direction des affaires communes »

Die Demokratie ist die politische und soziale Organisation, die danach strebt, das Bewusstsein und die Verantwortung jedes Einzelnen nach seinen Fähigkeiten und Kräften zu entwickeln, um effektiv an der Lenkung der Gemeinschaft teilzunehmen.

Wir setzen auf das Bewusstsein und die Verantwortung der europäischen Bürger. Bei dem Wahlkampf im nächsten Frühjahr steht die Gesamtheit der europäischen politischen Parteien mit ihrem Programm und ihren Visionen zur Wahl und wir, die Bürger, müssen uns zwischen entscheiden und wählen.

Energie in Europa
Seit einigen Monaten hat der steigende Ölpreis die Energie wieder mehr in den Vordergrund gerückt. Es ist jedoch noch überraschend zu sehen, dass das Thema Energie in Medien und Politik nicht sehr beherrschend ist. Dabei fehlen sehr häufig auch noch die Quellen und man liest häufig Verkürzungen und sogar Unwahrheiten. Energie ist in unserem Leben allgegenwärtig, aber gleichzeitig sind die Zusammenhänge schwer zu greifen und Energie ist so selbstverständlich, dass man die Probleme übersieht.
 
Das Thema Energie steht im Mittelpunkt der europäischen Gesellschaft. Wie denken die europäischen Parteien? Was haben sie für Antworten und wie wollen sie handeln?

Es gilt die Kandidaten herauszufordern, so dass die Bürger in der Lage sind, ihre Zukunft zu gestalten.

Das ist wichtig, weil das Thema Energie nicht genügend in der öffentlichen Debatte und im Mittelpunkt der Diskussionen steht, so dass die Europäer gemeinsam in der Lage wären, Entscheidungen zu treffen, die ihre Unabhängigkeit und ihren Wohlstand, kurzum ihre Freiheit sichern.

Wissen in Europa
Das Ziel dieses Blogs ist es, mehr Informationen (und ihre Quellen) zur Verfügung zu stellen (*), so dass jeder EU-Bürger vielfältig, kontrastreich, aber auch zusammenhängend zu dem Thema Energie Stellung nehmen und Entscheidungen treffen kann.

Im Jahr 2009 feiern wir zusammen den 150. Geburtstag der Gewinnung von Erdöl durch Edwin Drake aus Pennsylvania, der den Anfang der Ära des Erdöls und der Erweiterung von Fossilien markiert. Die fossilen Energieträger stellen nun drei Viertel des Energieverbrauchs der EU, das restliche Viertel ergibt sich aus  Holz,
Kernenergie,Wasserkraft, Solarkraft und Windenergie. Die unglaubliche Dichte der fossilen Energieversorgung bestimmt uns vollständig und transformiert unserem europäischen Raum und somit unseren ganzen Lebensstil.

Im Laufe der nächsten Monate wollen wir eine gemeinsame Plattform für alle EU-Bürger - französische, deutsche, italienische, englische, spanische, polnische,… und alle anderen...- zur Verfügung stellen. Wir wollen kritische Analysen und Kommentare bieten und Sie einladen, zu diskutieren.

Debattieren und wählen in Europa
Mit unseren verschiedenen Erfahrungen haben wir die Überzeugung, dass wir Europäer jetzt den Übergang zu post-fossiler und effizienter Energie beginnen müssen Wir packen das Thema weder optimistisch noch pessimistisch an, aber mit einem positiven Geist, denn seit der Jungsteinzeit vor mehr als 10 000 Jahren haben die Menschen immer sehr große Kreativität gezeigt. Die technischen, gesellschaftlichen und rechtlichen Lösungen sind da und müssen an die Politik gestellt werden!

Schließen Sie sich der Debatte und Diskussion an!


(*) Sobald es möglich ist, wird eine große Anzahl von Artikeln dieses Blogs in Kürze auch in Deutsch zur Verfügung stehen.


Par Giacomo - Publié dans : Deutsch
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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 22:31

Democracy in Europe

(Translation : work in process)


In less than one year, Europeans will have to choose their Euro MPs for the period 2009-2014. Despite the current difficulties of the European institutions, we believe in Democracy, especially in its strength and in its effectiveness. We would like to quote the definition by Marc SANGNIER, honorary president of a party (MRP) founded in France in 1945 by Robert SCHUMAN, one of Europe's founding fathers. The translation of Marc Sangnier’s word is as follows:

"Democracy is the political and social organization that seeks to maximize conscience and responsibility of each person allowing him to the extent of his capabilities and forces, to participate effectively in the management of common affairs."


We have faith in the conscience and responsibility of European citizens. At their European election campaign next spring, all European political parties will lay out their program and we, European citizens, will have to choose between them.


 
Energy in Europe

In recent months, rising oil prices (in US dollars) have been consistently making headline news. So it’s surprising to find that Energy is a subject that is still poorly understood by many media professionals and politicians. It is common to hear or to read - without any sources cited and therefore with no possibility of validating - simplifications or even untruths on the topic. Energy is omnipresent in our society but at the same time so inconspicuous/invisible (on a daily basis) that it is taken for granted by everyone.

Energy is at the heart of our European society.
What thoughts do the European political parties have on this subject ? How are they proposing to address Energy issues ?

The future Euro MP candidates will have to be questioned repeatedly on their positions on Energy issues if EU citizens are to influence their own future in this area.

By keeping Energy in the public debate and in the centre of campaign discussions, Europeans will be able to make the crucial decisions affecting their independence, prosperity and, in fact, their freedom.

Knowledge in Europe

The objective of this blog is to provide as many Europeans as possible (*) with fully referenced information on the topic of Energy that is useful varied, contrasting, but also accessible - so that every European citizen can make informed decisions.

 
We will all commemorate, in 2009, the 150 th anniversary of the extraction of oil by Edwin Drake in Pennsylvania (USA), which marked the beginning of the era of oil (and hence fossil-fuel) extraction. In Europe, fossil-fuel currently represents three-quarters of our energy, the remaining quarter consisting of nuclear energy, biomass energy, hydro energy followed by solar and wind energy. The remarkable energy density of fossil-fuels have completely shaped Europe, as we know it, and deeply transformed our way-of-life.
                  
In the coming months, a team of Europeans citizens - French, German, Italian, English, Spanish, Polish as well as others - will provide you with choice items of public information, will offer critical analyses and commentaries on Energy and invite you to discuss the issues.

 

Debate and Choice
in Europe


It is our considered opinion that Europeans must now begin the transition towards a post fossil-fuel and lean-energy Europe.
We are not addressing the issues with an optimistic nor a pessimistic mind-set but with a positive spirit because since Neolithic times, more than 10 000 years ago, humans have shown great creativity. Technical, societal, regulatory and fiscal solutions are available and we require our Euro MPs to seize them!

Join the debate!



(*) To the extent that it is possible, most articles in this blog will soon be in several languages 

 

Par Giacomo - Publié dans : English
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Our Objectives:
- Disseminate
Knowledge
- Know Stakeholders' positions
- Influence
Political party agenda
   for the 2009' election

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